ISMAM : La force d’une coopérative indigène mexicaine pour un café biologique et équitable d’exception
ISMAM : Coopérative indigène pionnière du café biologique et équitable au Mexique
Une histoire d’union et d’autonomie
Au cœur des montagnes de la Sierra Madre de Motozintla, dans l’État du Chiapas, ISMAM (Indígenas de la Sierra Madre de Motozintla San Isidro Labrador) a vu le jour en 1988. Cette coopérative a été fondée par environ 250 petits producteurs indigènes désireux de faire face collectivement à la crise profonde qui frappait la filière café au Mexique.
Dès le départ, leur objectif était clair : s’unir pour produire un café de haute qualité et renforcer leur pouvoir de négociation, en contournant les intermédiaires. Progressivement, ISMAM a établi des relations directes avec les exportateurs, puis avec des torréfacteurs et assembleurs de café en Europe et aux États-Unis.
Aujourd’hui, la coopérative regroupe plus de 600 producteurs actifs, représentant environ 1 240 familles issues de 196 communautés. Ces membres appartiennent à différentes ethnies mayas (Tzotziles, Tojolabales, Mames, Jacaltecos, Cakchiqueles) ainsi qu’à des Mestizos.

Engagement social et filière durable
ISMAM promeut un modèle équitable où chaque producteur reçoit une rémunération juste, contribuant ainsi à améliorer les conditions de vie des familles et à renforcer leur autonomie. La coopérative investit également dans la sécurité alimentaire, à travers la production de miel biologique et la création de jardins familiaux.
Elle dispose d’une usine de triage et de torréfaction, permettant de valoriser localement le café sous sa propre marque, tout en garantissant qualité et traçabilité.

UN MODÈLE AGROFORESTIER ET AGROÉCOLOGIQUE EXEMPLAIRE
L’ensemble des plantations de café ISMAM est conduit en système agroforestier 100 % certifié Naturland. Ce modèle repose sur des critères exigeants :
- Au moins 70 arbres d’ombrage par hectare avec une couverture végétale permanente d’au moins 40 % toute l’année.
- Au moins 12 espèces différentes d’arbres d’ombrage par hectare, l’espèce majoritaire ne représentant pas plus de 60 % des arbres.
- Structure végétale à 3 strates (ou au minimum 2), avec pour la strate supérieure des arbres anciens assurant un écosystème riche et résilient.
Environ 30 % des arbres sont des espèces de montagne locales telles que l’avocatier sauvage (mono avocado), goyavier, guanacastle, saponaire, cèdre, chêne, mescal, zapotillo, et d’autres variétés natives.
Les producteurs reçoivent une formation et des conseils techniques sur les pratiques de préservation des sols et la conservation des nutriments organiques. ISMAM utilise une échelle d’analyse des risques (élevé, moyen, faible) pour évaluer l’altération des sols, notamment l’érosion et la faible teneur en matière organique. Cette évaluation est effectuée chaque année lors des inspections internes (juillet à septembre), avec des observations précises et un suivi régulier des actions correctives.
Le recyclage et la valorisation des sous-produits font partie intégrante de ce modèle :
- Pulpe de café utilisée dans les unités de compostage pour produire des engrais biologiques.
- Eaux de lavage réutilisées, après dilution, pour l’irrigation des caféiers ou dans les fosses de traitement.
- Résidus de taille et de désherbage laissés sur les parcelles, enrichissant la matière organique et améliorant la fertilité des sols.
ISMAM dispose de huit inspecteurs internes chargés du suivi des pratiques et de la conformité avec les certifications. Depuis 2022, un système de géoréférencement permet de cartographier précisément toutes les parcelles. En 2025, l’analyse du risque de déforestation a été finalisée, garantissant une production de café zéro déforestation.